L’attaque ciblant la résidence des prêtres de la paroisse Saint-Théophile à Kinshasa a suscité une vive réaction de l’archevêque métropolitain. Face à ce qu’il qualifie d’ « échec de l’État », le prélat pointe du doigt les racines profondes de l'insécurité qui secoue la capitale congolaise.
Le climat sécuritaire à Kinshasa inquiète au plus haut niveau. Après l’incursion violente survenue récemment au sein de la paroisse Saint-Théophile, le Cardinal Fridolin Ambongo a brisé le silence, livrant un constat cinglant sur l’état actuel de la gouvernance en République Démocratique du Congo. Loin de limiter son analyse au simple fait divers, l’archevêque de Kinshasa a replacé cet événement dans un contexte systémique. Pour le Cardinal, l’agression perpétrée contre les serviteurs de l’Église n’est que le symptôme d'un mal plus profond qui ronge les fondations de la nation.
« C’est le sous-produit de la médiocrité de notre société, c’est le sous-produit de la mauvaise gouvernance de notre pays », a-t-il fustigé lors de sa prise de parole.
Une déclaration qui résonne comme un signal d’alarme face à la dégradation du tissu social et à l’incapacité apparente des autorités à garantir la sécurité des citoyens et des institutions. L’intervention du numéro un de l'Église catholique en RDC cristallise le mécontentement d'une partie de la population face à la recrudescence de la criminalité urbaine. En qualifiant cet incident d’ « échec de l’État », le Cardinal Ambongo souligne une fracture croissante entre les besoins sécuritaires des habitants et l'efficacité des mesures prises par les pouvoirs publics.
Les points clés de la déclaration :
• La responsabilité politique : Le Cardinal lie directement la montée de la violence à la « mauvaise gouvernance », soulignant que le laxisme étatique favorise l'impunité.
• La fracture sociale : Il perçoit cette attaque non pas comme un acte isolé, mais comme une conséquence directe de la déliquescence des valeurs sociales.
• Un appel à la conscience : Au-delà de la condamnation, les propos de l'archevêque interpellent les dirigeants sur leur obligation de résultat en matière de protection des personnes et des biens.
Si cette prise de parole vise avant tout à dénoncer l'insécurité grandissante, elle s’inscrit dans une posture régulière de l’archevêque de Kinshasa, souvent en première ligne pour interpeller le Gouvernement sur les questions de droits humains et de justice sociale.
Cette sortie médiatique met désormais une pression accrue sur les autorités sécuritaires, alors que la population attend des actions concrètes pour endiguer la vague de criminalité qui frappe la capitale.
Par Schadrack LUTAMBI
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